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 one day this pain will make sense to you. (r)

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Posie Hastings
NEVER TRUST A WILD THING.
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ARRIVEE A WM : 31/07/2013
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MessageSujet: one day this pain will make sense to you. (r)   Ven 2 Aoû - 6:25


{ it's spiralling down, biting words like a wolf howling }
QUOTE STILL @DAUGHTER
-----------------
La journée tire sur sa fin, Posie a bientôt terminé son service à la Flèche Française, bar auquel elle travaille depuis presque deux ans. Quand elle fait le bilan de sa vie et qu'elle regarde où ses choix l'ont menée, il est clair que jamais elle n'aurait imaginé être serveuse dans un bar rempli d'alcooliques abrutis par leurs paris sur des chevaux encore plus stupides qu'eux, elle se serait vue en train d'étudier le droit, comme elle l'avait toujours voulu. Elle se serait vue faire de brillantes études, faire quelque chose dans sa vie qui ait plus d'incidence que servir des bières à des alcooliques. Et puis finalement les choses ne se sont pas déroulées comme elle l'avait prévu. La jeune femme éponge la vodka renversée sur le bar, éloignant ses pensées, c'est encore Marc, un fidèle client qui enchaîne vodkas et bières alors qu'un gamin de quatre ans tient probablement mieux l'alcool que lui, qui a renversé le contenu de son verre. Ce type lui fait de la peine, depuis que sa femme a demandé le divorce il semblerait qu'il n'ait plus personne à part ce bon vieux Jack Daniel's. « Ça t'dirais d'me r'servir un p'tit verre mademoiselle ? » Posie relève la tête pour faire face à l'homme, elle hausse un sourcil inquisiteur. « Je crois que ça suffit pour toi aujourd'hui. » lui répond-elle d'un ton ferme, l'homme proteste un baragouin incompréhensible, pointant le doigt vers elle comme si ce dernier était imposant. Et puis le poste de télévision en face d'eux annonce le résultat de la première course de la soirée, c'est le cheval numéro 9 qui vient de remporter le premier prix, et à en croire le cri déchirant qui vient de s'échapper de la gorge de Marc l'ivrogne, il n'a pas gagné ce soir, une fois de plus. Il reporte son regard sur elle, lui attrapant la main comme pour retenir son attention, comme pour vérifier qu'il n'est pas en plein délire et qu'il y a bel et bien quelqu'un qui se tient face à lui. « Tu veux j'te dise un truc, moi? Ces jeux ils sont truqués, c'pas possible autrement. Y a sept ans que je paris.. j'ai pas gagné, pas une fois ! Pourtant on dit malheureux en amour, chanceux aux jeux.. des conneries tu parles, ouais ! Ou alors y a la femme de ma vie caché dans mon tiroir, j'sais pas.. » La jeune femme retire sa main de celle de l'ivrogne, le regardant en silence. Le pauvre homme reporte son regard sur son verre vide, le fixant d'une telle intensité que Posie en vient à se demander s'il ne serait pas bourré au point d'imaginer qu'il a la capacité de le remplir simplement en le regardant. Et puis après quelques minutes passées dans le silence presque complet, si l'on omet les conversations des autres clients et le bruit des postes de télévisions, il reprend son récit, et comme chaque soirs lui reparle de sa merveilleuse femme, il dit qu'il est persuadé que Posie et elle s'entendraient bien. Parfois il est lucide pendant un instant et commence à l'insulter, en disant qu'elle lui a brisé le cœur, et puis il passe ensuite à l'étape qui consiste à plaquer sa tête très fort contre le bar histoire de s'en tirer avec un bleu et d'avoir une raison supplémentaire de pleurer, et puis il murmure des paroles qui n'ont aucun sens dans lesquelles le nom de sa femme est omniprésent, il lui demande de revenir, juste de revenir.. et à chaque fois ce pauvre ivrogne brise le cœur de Posie en lui racontant sa vie. La brune fixe l'horloge affichée au-dessus du bar, elle a fini dans dix minutes, allez, plus que dix pauvres minutes à tenir avec Marc et elle pourra enfin rentrer chez elle. « Tu t'en sors avec l'ivrogne ? » lui demande une voix familière dans le fond. Elle se retourne et reconnaît sa collègue, d'une vingtaine d'années son aînée. Elle fait signe de la tête que oui. « Laisse j'vais le sortir, il a trop tisé. Va plutôt aider de l'autre côté du bar y a du monde qui arrive. » Posie s'exécute et se rend à l'opposé du bar, où elle constate qu'en effet, il y a du monde. Elle donne le dos au bistrot pour récupérer un verre sans prêter attention aux clients et lance son habituelle et redondante phrase de serveuse: « Qu'est-ce-que je peux vous servir ? » puis se retourne face aux clients. Et là, Flynn. Son cœur s'arrête l'espace de quelques secondes pour se piquer un sprint dans les secondes qui suivent, il se tient là, juste derrière le bar. Et c'est comme si pendant quelques secondes elle était revenue cinq ans en arrière. Elle le prendrait presque dans ses bras si, deux secondes plus tard elle ne se souvenait pas qu'elle n'était pas cinq ans plus tôt, qu'elle n'était plus cette fille naïve, et que lui était probablement toujours le même. Elle reste stoïque, complètement paumée, elle ne sait pas ce qu'elle devrait faire, sauter par dessus le bar pour lui en coller une ou si elle devrait faire comme si de rien était, comme s'il n'était qu'un simple client, un inconnu, comme s'il était cet autre ivrogne de Marc. Rien, absolument rien, pas même un murmure ne sort de la bouche de Posie, elle le fixe comme si elle avait vu un fantôme. Et d'un coup, cinq ans plus tôt lui reviennent en mémoire.

Les yeux faisant face au sol, Posie écoute les questions de l'inspectrice, mais reste silencieuse. « Je vais te poser cette question une dernière fois Posie, qui était avec toi hier soir ? » Elle relève la tête pour faire face au regard meurtrier que lui adresse son interlocutrice. Elle se mord la lèvre, déviant son regard pour fixer le mur derrière elle. Elle expire profondément. « Il n'y avait que moi, je vous l'ai déjà dit. » A force d'avoir répété cette phrase sur tous les tons, Posie croirait presque à son mensonge. Elle était seule, il n'y avait personne d'autre. Seulement elle. Un bruit de verre qui vient de se briser contre le sol la tire de ses souvenirs, elle relève les yeux pour voir ce qui s'est passé mais voit déjà un collègue s'occuper de nettoyer les dégâts. Elle reporte son attention sur Flynn. « Ça fait longtemps. » sont les trois seuls et uniques mots qu'elle parvient à articuler, c'est ça ou une claque monumentale, au choix. En réalité, ça ne fait pas si longtemps que ça puisqu'ils se sont revus l'espace d'une fraction de seconde dans une maison de retraite, mais le cerveau de Posie semble avoir décidé de ne plus fonctionner correctement, la laissant perdue.


Dernière édition par Posie Hastings le Mer 7 Aoû - 2:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: one day this pain will make sense to you. (r)   Sam 3 Aoû - 11:30

on s’est connus le temps de plaire, aux exigences qu’on s’est créées, mais on s’y perd. tu n’es qu’à quelques kilomètres et nos cœurs, nos cœurs sont restés dans cette mer.
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« Ce soir, on va au Blue Moon ? » Flynn roule des yeux sans quitter son professeur des yeux. Sacha pose toujours la même question, à la même heure, comme un rituel qu'il répète toutes les semaines. A chaque fois, en plein cours de biologie, alors que Flynn tente de prendre des notes de ce que monsieur-je-récite-mes-notes-sans-respirer leur raconte, il s'approche et le questionne sur ce qu'il sait déjà. Évidemment qu'ils vont au Blue Moon, comme tous les vendredis soirs, où veut-il qu'ils aillent ? C'est là-bas qu'ils passent toujours une bonne soirée, à rire et à se comporter comme des étudiants idiots et saouls. Alors, comme un automatisme, à chaque fois, Flynn hoche de la tête sans pour autant avoir entendu un seul mot de ce que son ami a bien pu lui dire, trop concentré dans sa prise de notes. Si un jour on lui avait dit qu'il finirait sur les bancs de la fac à étudier ce qui autrefois était un véritable calvaire pour lui, il aurait très certainement ri aux éclats. Il aurait si ri qu'il en serait mort. Et pourtant, il était bien là, comme un hommage à cet événement qui l'avait marqué. Ça ne s’oublie pas si facilement, une soirée pareille. Une soirée anodine qui se termine par l'arrestation de la fille qu'il appréciait. Il l'avait abandonné, avait même feint l'indifférence mais bien malgré tout ce qu'il avait tenté de se persuader, ça l'avait changé. Au moins un peu. Il s'était promis de la rendre fière, en travaillant ce qu'elle avait tenté de lui apprendre, en lui montrant qu'elle n'avait pas fait tout ça en vain. Alors il avait bossé, il avait passé de longs week-end à réciter ses formules par cœur, à faire et refaire ses exercices, à se maudire quand il ratait un contrôle, comme un hommage à cette fille qui l'avait tant aimé et qui lui, n'avait pas réussi à apprécier à sa juste valeur. Un hommage qu'elle ne saura sans doute jamais, elle qui avait disparu dans la nature, ne laissant plus que son fantôme pour seul souvenir. Un hommage qui ne changerait sans doute rien, lui qui n'avait pas pour autant cesser ses mauvaises habitudes. Il se l’était promis, il avait fait des efforts, il avait même décidé de laisser les maisons tranquilles, mais sa nature était revenue bien malgré lui. Rien ne changeait réellement et même avec le temps, on ne pouvait véritablement effacer son passé. « Ça veut dire oui ? » Insiste Sacha tandis que Flynn est resté silencieux depuis le début de la conversation. Pourquoi est ce qu’il traine encore avec lui alors qu’il ne cesse de penser qu’il n’est qu’un boulet ? Question qu’il ne saura sans doute jamais répondre. Bon, évidemment qu’il a de bons côtés, sinon il l’aurait déjà abandonné, mais c’est quand même un bon boulet qu’il traine derrière lui. « Non, j'en ai marre d'aller toujours là-bas. » Rétorque-t-il d’un ton las. C’est bien connu, Flynn n’aime pas particulièrement la routine, sinon, il passerait sans doute ses soirées à lire un bouquin ou à regarder la télé plutôt qu’à voler les femmes. « On va où alors ? » Flynn lâche un soupir d'exaspération et hoche des épaules. « Tu verras. » Qu’il répond vaguement, sans en connaitre lui-même la réponse. On verra bien, sur le moment, quand il faudra se décider.

Et c’est l’heure de faire ce choix. Sacha a prévenu tout le monde que Flynn avait une nouvelle idée, alors tout le monde a décidé de le suivre, parce que Flynn a parfois de bonnes idées. Il se retrouve donc à devoir guider la petite bande de potes sans réellement savoir où aller. Il propose de prendre la voiture, fait en sorte de prendre celle de l’un de ses amis et pas la sienne (on ne sait jamais) et évidemment, étant le guide, il conduit. Il prend soin de faire les petites rues pour ralentir et pouvoir réfléchir à un bon bar. Et soudainement, en s’éloignant du centre-ville, il réalise qu’un bar bondé leur fait face. Un bar où il n’a pas encore remis les pieds, même alors qu’il est revenu en ville depuis trois ans. « Là. » Dit-il avant de se garer sur le parking et de rejoindre le bar. Et c’est bien bondé. Certains clients sont déjà bien éméchés mais cela ne dérange pas le moins du monde Flynn, qui voit en cela une bonne occasion de pouvoir peut-être s’amuser. Ils s’éloignent du monde et s’installent, riant à la plaisanterie que l’un d’entre eux vient de sortir sur le lieu. La serveuse arrive enfin et tandis qu’elle se tourne vers eux en lâchant sa phrase fétiche, Flynn lève les yeux et leur regard se croise. Posie. Merde alors. C’est Posie, qui l’observe de ses grands yeux surpris, et qui semble se perdre dans les méandres de ses pensées. Pourtant, personne ne semble les avoir remarqués et déjà, ses amis lui commandent des verres. Mais Posie ne bouge pas, elle continue à le regarder, et Flynn la revoit des années auparavant, il revoit cette adolescente dont il s’est amouraché et qu’il a conduit à sa perte. Il revoit la pétillante Posie et ses regards langoureux, qui ne sont clairement plus d’actualité. « Salut. » Qu’il déclare le plus naturellement du monde, comme s’il le disait à un de ses amis de la faculté, histoire de désamorcer la situation. Et soudain, un craquement se fait entendre, les têtes se redressent et Posie s’éveille enfin. Elle s’éveille en apparence parce que son esprit, lui, semble si loin. Sa simple phrase surprend Flynn, tandis qu’il s’était imaginé toutes les situations possibles, si ce n’est celle-ci. Un simple « ça fait longtemps ». Sympathique. « Pas si longtemps, ça doit faire… une semaine ? » Qu’il répond dans un sourire malicieux. Il tente de détendre l’atmosphère parce qu’elle a l’air tellement coincée et surprise qu’il n’est pas sûr qu’elle soit capable de terminer la soirée avec ce même visage décomposé. Et après la façon dont ils se sont quittés, il est sans doute préférable pour lui de prendre la situation avec humour. En tout cas, il n’a plus que ça comme arme. « Si on m’avait dit un jour que Posie Hastings finirait serveuse, j’y aurais pas cru. » Qu’il constate dans ce même ton amusé, néanmoins surpris de la retrouver à ce poste. Quand ils étaient encore ensemble, elle savait déjà ce qu’elle voulait faire de sa vie, et ce n’était surement pas ça. « C'était pas méchant hein... ça va ? Parce que t'es aussi blanche qu'un cachet d'aspirine. Tu veux t'asseoir ? » Demande-t-il, prêt à se lever. Évidemment que ça ne va pas, il le sait, il n'est pas stupide. Il se doute bien qu'elle doit mal le vivre, il est aussi démuni qu'elle mais fierté oblige (et copains à côté), il tente au moins de garder la face et se comporte comme le parfait gentleman qu'il est. Les hurlements et la gifle ne tarderont pas, autant gagner des points quand il le peut encore.


Dernière édition par Flynn Adamson le Sam 3 Aoû - 13:28, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: one day this pain will make sense to you. (r)   Sam 3 Aoû - 13:22

« Salut. » Eh bien ça, ça c'est un retour dans la matière. Cinq ans d'attente, cinq ans sans nouvelle, cinq putains d'années passées à le haïr, cinq ans ou pas un jour elle ne s'est demandé ce qu'il devenait, s'en voulant après de toujours s'en préoccuper, cinq ans passés dans le doute, dans le noir le plus complet pour un accueil aussi pourri ? Le cœur naïf de Posie avait longtemps continué à se demander s'il n'avait plus donné de nouvelles simplement parce qu'il n'avait pas réussi à prendre contact avec elle, et même si cela pouvait sembler absurde, elle s'en persuadait, se raccrochant à cette pauvre idée qu'il ne s'était peut être pas totalement foutu de sa gueule. Naïve. Ce simple « salut » la ramenait sur Terre avec une violence qui manqua presque de la faire vaciller. « Salut. » Elle n'en revenait pas. Le ton nonchalant, presque indifférent employé par Flynn la clouait par terre. Il lui parlait comme s'il l'avait vu la veille, comme s'il ne lui avait jamais fait de mal, comme si jamais rien ne s'était produit. Rien. Elle lui répond d'un ton encore plus détaché qu'elle ne l'aurait cru trois simples mots. « Pas si longtemps, ça doit faire… une semaine ? » lâche-t-il accompagné de ce sourire qui autrefois avait la capacité de faire faire n'importe quoi sur Terre à Posie pour ses beaux yeux, ce sourire qui lui foutait des papillons dans le ventre. Mais aujourd'hui, il n'y a plus de papillons, ils sont partis. Aujourd'hui il lui donne juste envie de vomir, envie de vomir toutes ces choses qu'elle a pu ressentir pour lui. Peut être qu'elle a trop aimé, parce que tout ce qui lui reste désormais, ce n'est qu'un fade goût amer de déception en travers de la gorge. Alors elle se rappelle que oui, il y a une semaine ils se sont bels et bien croisés, l'espace d'une fraction de secondes avant que Posie n'invente une excuse pour ne pas lui adresser la parole et pour s'échapper. Alors Posie aimerait lui dire, elle aimerait lui dire que lorsqu'elle parle d'il y a longtemps, elle ne parle pas de la dernière fois où il a eu la bonté de rendre visite à son grand-père qui d'après les récits qu'il compte à Posie n'idéalise que trop son petit-fils, elle parle de la dernière fois où il a agit en lâche alors qu'elle, elle aurait tout donné. Mais elle ne relève pas. Elle se contente de feindre un léger sourire, indifférent et froid, à la hauteur de son « salut ». Elle se veut indifférente et fière, mais fière de quoi ? Fière de le revoir sur son lieu de travail où elle passe ses journées à servir des ivrognes ? « Si on m’avait dit un jour que Posie Hastings finirait serveuse, j’y aurais pas cru. » Touchée, coulée. Son visage se colore d'un rouge pourpre et son regard dévie automatiquement dans la direction opposée. Elle non plus elle n'y aurait pas cru, elle aurait d'ailleurs giflé le premier ignorant qui lui aurait dit ça, elle, elle était destinée à devenir une avocate de renom, elle le ressentait jusque dans ses tripes. Elle a honte, honte de ce qu'elle a fait de sa vie, elle aimerait pouvoir tout lui mettre sur le dos mais ce n'est pas lui qui s'est laissé aller après avoir achevé l'année de travail d'intérêt général, c'est elle. C'est elle qui s'est foutue dans cette galère. Elle aimerait lui dire que c'est temporaire, que c'est pour se payer elle-même des études, des études de droit, comme elle le voulait, qu'elle réussit tout ce qu'elle entreprend dans sa vie et qu'elle est heureuse comme ça, qu'elle a tout ce qu'elle voulait, que tout se passe comme prévu, même mieux. Mais ça serait tellement pas crédible, pas même l'instant d'une seconde. Ce serait juste pathétique. « C'est temporaire. » Elle ne peut pas s'en empêcher, fierté de merde. Peut-être que quelque part, elle essaye aussi de s'en convaincre. Le ton sur lequel elle prononce ses mots est tellement hésitant que même un sourd pourrait entendre au son de sa voix qu'elle ment. Et puis elle lève les yeux pour l'observer un instant. Lui n'a pas l'air d'avoir changé. Il a l'air bien, en forme et toujours aussi beau, et ça la tue de le remarquer. « C'était pas méchant hein... ça va ? Parce que t'es aussi blanche qu'un cachet d'aspirine. Tu veux t'asseoir ? » Elle le dévisage, tombée des nues, et fronce les sourcils. Depuis quand il se souci de comment elle va ? « Je suis fatiguée, c'est tout. bredouille-t-elle, sachant pertinemment que ça, ça sonne vrai. Non ça va, j'ai fini dans pas longtemps de toutes façons. » Elle aimerait lui répondre d'un ton glacial, presque sauvage, lui prouver qu'elle s'en fiche et que son apparition ne l'affecte en rien, mais même ça elle est pas foutue de le faire croire. Stressée, Posie achève sa phrase par un faible éclat de rire. Et puis elle se demande si c'est crédible, s'il peut avaler ça parce qu'elle, elle a bien du mal. « Je peux vous servir un truc, donc ? » répète-t-elle à l'attention de Flynn et de ses amis, puisqu'elle n'a pas franchement écouté les réponses la première fois qu'elle l'a demandé. Elle reporte son regard sur lui, cherchant un moyen de changer de sujet, elle serait même prête à parler des caleçons de son grand-père si ça pouvait ôter ce foutu malaise qui plane au dessus de leurs têtes. « Et toi, ça va ? » Ouais, bof, peux mieux faire et niveau originalité tu repasseras, hein Posie.
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MessageSujet: Re: one day this pain will make sense to you. (r)   Dim 4 Aoû - 6:38

Ça fait cinq ans qu'il ne l'a pas revu, cinq ans qu'il a disparu, cinq ans que chacun a tenté d'oublier l'autre et pourtant, elle lui semble toujours la même. Elle a toujours ce même visage fin, cette chevelure brune qui lui tombe sur les épaules et ces mêmes yeux chocolats qui le scrutent avec une hésitation non feinte. Elle est toujours aussi belle, même alors qu'elle parait si fragile. Elle est paumée, ça se lit sur ses traits, ça se sent à la manière dont elle est postée devant lui, comme une petite fille qui vient de se faire prendre la main dans le sac, comme une petite fille qui sent l'engueulade à plein nez et même s'il est tout aussi troublé par cette rencontre, Flynn est bien moins expressif qu'elle. Cela ne devrait pas être le cas, il devrait être effrayé à l'idée de s'expliquer, replié sur lui-même, gêné par ce qu'il lui a infligé et pourtant, sourire en place, il lui lance, avec sa désinvolture légendaire ce qu'elle aurait sans doute préféré lui cacher. Il ne lui laisse guère le temps de lui reprocher son abandon qu'il attaque, en lui montrant le meilleur de lui-même, parce qu'il sait que si la dispute éclate face à ses amis, face à tous les clients du bar, personne ne croira un seul instant qu'il puisse être le connard qu'elle voit en lui. Il joue probablement avec ses nerfs, il le sait, et ça le fait sourire, parce que cette situation le ramène plusieurs années auparavant, quand il avait encore le dessus sur elle, quand ils étaient censés s'aimer d'un amour fort et inconditionnel et qu'ils étaient censés se suivre jusqu'au bout de monde. Il retrouve sa petite poupée, et c'est réconfortant de voir qu'après toutes ses années, il y aura toujours ce truc entre eux que personne ne pourra effacer. « C'est temporaire. » Qu'elle répond timidement, pas le moins du monde convaincue par ce qu'elle lui dit. C'est ce qu'on répond quand on réalise que le mec qu'on déteste le plus au monde vous rappelle qu'on valait tellement mieux qu'un poste merdique dans un bar miteux en pleine cambrousse. C'est triste, parce que Flynn s'en sent presque responsable. Après tout, c'est peut-être à cause de cette arrestation qu'elle n'a pas pu entrer dans sa fac, qu'elle a dû abandonner ses grands rêves. Presque, parce qu'au fond, Flynn s'est tellement répété qu'elle aurait dû décamper plutôt que de l'attendre comme une abrutie qu'il se l'en est persuadé, c'est de sa faute à elle si elle a mal terminé. Alors, il hoche de la tête, retient sa remarque sarcastique qui ne ferait qu'un peu plus remuer le couteau dans la plaie et joue le rôle du bon copain attentionné en lui demandant si elle n'a pas envie de souffler. Il lui aurait même proposé une étreinte s'il était toujours ce gamin arrogant d'il y a quelques années - parce que oui, bien malgré tout ce qu'on pouvait dire, il avait changé, au moins un peu. « Je suis fatiguée, c'est tout. Non ça va, j'ai fini dans pas longtemps de toutes façons. » Et lorsqu'elle rit, Flynn ne peut s'empêcher d'être intrigué. Est ce qu'elle rit comme elle riait de ses remarques mêmes idiotes d'autrefois, ou est ce qu'elle rit parce qu'elle est nerveuse et qu'elle n'est définitivement pas convaincue ? Peu importe, elle a l'air au bord du gouffre et ça amuse tellement Flynn que c'en est indécent. Finalement, peut-être bien que cette dispute qu'il craignait ne se passera pas. « Je peux vous servir un truc, donc ? » Enchaine-t-elle, gardant ce professionnalisme qui avait toujours fasciné Flynn. Quand ils étaient ensemble et qu'elle tentait de lui faire un cours de soutien, il avait beau tout tenter pour la distraire, elle restait de marbre, malgré le rire qu'elle échappait parfois. Elle avait toujours été tellement sérieuse. Le jeune homme se tourne enfin vers ses amis qui lui lancent des regards insistants dans le genre « merde alors, tu nous présentes même pas ta petite-copine ? » mais il n'y fait guère attention et leur laisse commander des whisky coca, des tequilas et autres boissons toutes aussi alcoolisées. Vient son tour et son attention se reporte vers Posie. « Et un mojito » pour commencer doucement, lui qui ne tient définitivement pas l'alcool. Ce soir encore, il finira très certainement mal en point, mais tant pis, demain c'est samedi. « Et toi, ça va ? » Entre deux écrits sur son petit calepin. Ou la meilleure réplique depuis le début de la soirée. « Et toi ça va ? » et c'est tout. Est ce qu'elle veut vraiment le savoir, ça ? Est ce qu'elle veut vraiment savoir s'il va bien, s'il a terminé ses études, s'il a réussi à faire ce qu'il voulait, si tout va bien dans sa petite vie tranquille ? Sans doute pas, mais par politesse, elle joue le jeu. Flynn sourit comme un nigaud, amusé par cette situation pourrie dans laquelle ils se retrouvent tous les deux. Merde quoi, ça fait cinq ans, est ce qu'ils n'ont pas autre chose à se dire que ces banalités à la con ? « Ça va, merci. » Qu'il répond en acquiesçant de la tête ; une énième manière de lui prouver que sa vie est définitivement aussi parfaite qu'autrefois. Une énième manière de la rendre complètement dingue, parce que oui mademoiselle, je suis au meilleur de ma forme et je sais combien t'aurais aimé que je sois au fond du trou. Mais non, il s'est repris, et ça c'est grâce à elle. « Tu nous rejoindras après ton service ? Ça fait tellement longtemps. » Il lui lance le regard du chat potté, celui qu'on lance quand on cherche à attendrir son interlocuteur. Allez, viens, on va bien s'amuser. C'est le moment de retrouver l'ancien duo qu'on formait. C'est le moment d'oublier ce passage à vide et de recommencer. « Tu m'as manqué. » C'est la corde sensible qu'il cherche à toucher du bout des doigts.
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MessageSujet: Re: one day this pain will make sense to you. (r)   Dim 4 Aoû - 9:36

Elle note d'une main hésitante sur son petit calepin les boissons que commandent Flynn et ses amis, elle se concentre sur le papier, comme si elle pouvait le fixer suffisamment de temps pour qu'il la sorte de cette situation gênante, comme s'il avait le pouvoir de lui redonner cette force et ce courage qui semblaient s'être planqués dès que son regard et celui de Flynn s'étaient croisés. C'était amusant de voir à quel point malgré cinq ans, elle restait toujours aussi démunie face à lui, faible et impuissante, comme une gamine qui a peur, peur qu'à tout moment elle se fasse engueuler. Posie relève la tête, lui demandant poliment comment ça va à son tour. « Ça va, merci. » qu'il lui répond de son éternel air sûr de lui. Et quelque part, ça ne l'étonne pas, parce que lorsqu'elle ose plonger ses prunelles marrons au fond des siennes, tentant d'y desceller quelque chose, un craquement, une faille, la moindre petite parcelle d'insécurité, elle n'y voit rien, rien sur la tête qu'affiche Flynn ne laisserait penser une seule seconde qu'il ment, il a tellement l'air sûr de lui, tellement heureux. Au fond elle se demande s'il ne serait pas resté le même, celui qui montre aux autres son meilleur jour pour mieux les attirer à lui, ce gars là, ouais, ce même gars que celui qui se tient juste en face d'elle. « Tu nous rejoindras après ton service ? Ça fait tellement longtemps. » lui demande-t-il en lui lançant un de ces regards dont lui seul semble avoir la clé. Et merde, songe Posie. "Et merde" parce qu'elle sait à quel point elle est faible, torturée entre le désir de tout lui pardonner, de tout recommencer s'il savait simplement comment y faire et l'autre envie, dévorante et grandissante de lui enfoncer son crayon entre les deux yeux. Juste pour qu'il comprenne, qu'il comprenne à quel point il lui a fait mal, à quel point il lui a crevé le cœur, qu'il se mette à sa place deux secondes, qu'il ressente ce trou béant qu'elle a ressenti, qu'il s'inquiète pour elle, qu'il s'en préoccupe. Mais elle sait que l'instant d'après elle s'en voudrait, parce qu'elle aurait peur, peur qu'il s'en aille et qu'elle passe cinq nouvelles années encerclée par la brume de l'incertitude. « Ouais, si tu veux. » qu'elle lui répond d'un air faussement détaché, accompagné d'un petit sourire. Mais qu'est-ce-que t'es conne. Alors qu'elle fait demi-tour pour aller chercher les boissons commandées par le groupe, il l'interpelle à nouveau. « Tu m'as manqué. » Il lâche ses mots comme des lames de rasoir, transperce son regard comme un surin, un dard. Son cœur se serre sous le poids des mots qu'il vient de lui balancer en pleine figure. Elle se retourne pour lui faire face et lui lance un regard intrigué légèrement inquiet, mais bordel, à quoi il joue ? Quelques secondes silencieuses se passent sans qu'elle ne réponde. Elle ne sait plus discerner le vrai du faux, avec Flynn, il la perd où bon lui semble. A vrai dire, elle pense qu'elle ne l'a jamais vraiment su. Alors elle se demande s'il est sincère, s'il le pense vraiment, si pendant cinq ans elle lui a vraiment manqué, pas juste une fois tous les trois mois, elle se demande si chaque jour au réveil il lui accordait une pensée, ne serais-ce que la plus infime et si elle revenait le soir avant qu'il ne s'endorme pour le hanter une dernière fois avant de s'évanouir dans ses songes. Ou s'il dit simplement ça parce qu'il trouve que ça sonne beau dit à voix haute et parce que c'est tellement amusant de voir le visage de Posie se colorer à la moindre remarque. Et puis ça se trouve pour lui tout ça n'est qu'un jeu, à celui qui fera le plus mal à l'autre, comme s'il comptait tout le temps les points. « Ah ouais.. » commence Posie, prenant une profonde inspiration avant de retenir un petit rire forcé, ce rire qui veut clairement dire "Arrête de te foutre de ma gueule". Et puis elle prend son courage à deux mains, repoussant au loin cette peur de le perdre. C'est absurde cette idée d'avoir peur de le perdre quand jamais il n'a été sien, quand il a éternellement été un électron libre voguant où bon lui semble. « C'est bizarre, parce que pendant cinq ans, j'ai pas eu l'impression de te manquer, Flynn. » qu'elle lui dit de sa faible petite voix brisée. Alors elle sent que ça monte, ce torrent de sentiments qu'elle a refoulé pendant bien trop longtemps. Tout monte d'un coup. La peur. La peine. La haine. Posie est paumée au milieu de cet océan de sentiments qu'elle a nié trop longtemps. Et soudain, elle s'en fou, elle se fiche de ce que les gens pourront comprendre de ce qu'elle raconte, elle se fiche de tout ça, elle veut juste des explications, pas même des excuses, car si elle doit les lui tirer de la gorge ça n'a pas la moindre importance. « T'étais où ? » elle voudrait continuer, mais sa voix se brise, l'empêchant de poursuivre. Elle aimerait lui dire qu'elle comprend, elle comprend qu'il ne se soit pas dénoncé avec elle, elle comprend qu'il n'ai pas été à ses côtés le lendemain, elle comprend une semaine de silence.. Mais cinq ans ? Comment pendant cinq ans a-t-il pu dormir paisiblement sachant de quelle façon brutale ils s'étaient quittés, sans même un au revoir ? Comment peut-on expliquer cinq ans d'absence ? Et le pire, comment peut-on revenir la bouche en cœur après tant d'années passées dans le silence ? La vue de Posie se brouille à mesure que ses yeux s'humidifient, mais elle refuse, elle refuse catégoriquement de ne lâcher ne serait-ce que la moindre larme en face de lui, parce qu'il prendrait ça pour de la faiblesse, parce qu'il aurait gagné, encore. Alors elle les ravale, peu importe la douleur qui pèse sur son cœur, elle attend, statique car elle sait que si elle tente un mouvement, elle tombe.
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MessageSujet: Re: one day this pain will make sense to you. (r)   Dim 4 Aoû - 11:10

« Ouais, si tu veux. » Répond-elle avec cet air détaché qui lui ressemble si peu et ce rire si faux qu'il en devient plus irritant qu'attendrissant. Boom, ça y est, il a presque gagné la partie. Elle ne peut rien lui refuser, parce que c'est Posie et Posie, c'est la petite fille qu'un mec comme lui bouffe d'une traite. C’est la gazelle avec qui les lions aiment jouer avant de les dévorer. Elle est belle, gentille, douce et touchante mais elle n'a pas ce piquant qui fait toute la différence. Elle est fragile et c'est cette fragilité qui finira par la perdre. Flynn le sait, il le sait tout ça alors il en joue, il la titille, il appuie là où ça fait mal, jusqu'à ce qu'elle baisse définitivement les armes et qu'elle retombe dans ses bras. C'est comme ça qu'il a réussi à l'avoir, c'est comme ça qu'il a réussi à la garder malgré toutes ses conneries qui les mettaient en danger, et c'est comme ça qu'il l'aura à nouveau, il en est persuadé. Elle aura beau tenter de garder le contrôle de la situation, c'est déjà trop tard. Il ne sait même pas pourquoi est ce qu’il se comporte ainsi avec elle. Il le fait peut-être par peur de la perdre définitivement. Il a peut-être peur de lui montrer ce qu’il est réellement et qu’elle réalise qu’en vérité, c’est qu’un mec parmi tant d’autres. Un mec qui n’a aucune saveur. Il a peut-être peur de voir que s’il ne la tient pas psychologiquement, elle ne voudra plus jamais de lui, parce que oui, il sait qu’il lui fait du mal. Qu’il lui en fait encore alors qu’elle a déjà tellement souffert à cause de lui. Il sait qu’elle ne le lui pardonnera jamais, alors il fait comme s’il ne s’était rien passé, comme s’il était revenu cinq ans auparavant et qu’ils avaient réussi à s’enfuir sans qu’aucun d’entre eux ne soit attrapé. Il fait comme s’ils se retrouvaient comme deux amis qui s’étaient malencontreusement séparés. Comment peut-il réagir autrement ? Il ne peut définitivement pas revenir s’excuser comme une fleur alors que l’eau a coulé sous les ponts. Il ne peut pas revenir s’expliquer alors qu’il n’a aucune raison valable pour l’avoir abandonné, si ce n’est sa lâcheté. Et ça, c’est inconcevable pour lui de le réaliser. C’est impossible pour lui de se dire qu’il n’a été qu’un pauvre lâche qui n’a pensé qu’à sa belle gueule en lâchant sa copine. Une copine qu’il appréciait, une copine qu’il aimait assez pour ne pas la remplacer par l’une de ses belles blondes passées dans son lit. Une copine à qui il avait promis la Lune. Inconcevable. Alors, il se persuade qu’il a fait le bon choix, qu’elle aurait fait la même chose et qu’avec ses belles paroles, elle lui pardonnera. Peut-être même qu’elle a déjà oublié et qu’elle est juste gênée de retrouver l’amour de sa vie. Après tout, c’était ce qu’il n’avait cessé de lui répéter quand ils étaient encore ensemble. Il lui prenait le visage, la regardait dans les yeux et lui promettait que ce serait pour la vie. Tous les deux, ensemble, jusqu’à la fin des temps et plus encore. Elle ne peut pas l’avoir oublié ça, n’est ce pas ? Alors quand il lui dit qu’elle l’a manqué, il cherche à se raccrocher à l’ancienne Posie, celle qui l’aimait tant, celle qu'il contrôlait si facilement. Il cherche à retrouver ce semblant de complicité qu’ils avaient ensemble, il cherche surtout à lui montrer que même après toutes ses années, lui, a quand même pensé à elle et que c’est même sincère. Sacha lui lance un regard complice, en signe de victoire, tandis que tous ses amis semblent écouter la conversation dans le silence le plus religieux. L’espace d’un instant, il croit à cette possibilité qu’elle ne fera aucune remarque et qu’elle cogitera toute la soirée pour finalement réaliser qu’ils seront toujours liés et pourtant, il l’entend rire sarcastiquement et rebrousser chemin pour se revenir vers lui. « Ah ouais... C'est bizarre, parce que pendant cinq ans, j'ai pas eu l'impression de te manquer, Flynn. » La réalité lui explose au visage et la petite voix de son ancienne petite-amie fait écho à toutes ses fois où il l’avait un peu plus brisé pour mieux la contrôler. « T’étais où ? » Tous ses efforts du monde n’auront servi à rien, il n’aura pas réussi à lui faire oublier cette soirée de merde. Où voulait-elle qu’il soit ? Qu’est ce qu’elle voulait bien qu’il fasse ? Il a réagi comme n’importe qui. Il a eu peur, peur de ce qui pourrait arriver, peur d’assumer ses conneries. Il a eu peur de la retrouver et qu’elle réalise que c'était définitivement qu’un con. Il a eu peur qu’après ça, elle le dénonce, qu’après un moment de faiblesse où tous les deux se retrouveraient, elle craque et avoue tout. Alors il est parti, parce que c’était un gamin, qu’il ne réfléchissait pas et que comme tous les adolescents, il a d’abord pensé à sa pomme. Ça n’empêche en rien le fait qu’il ait pensé à elle, quand même. Quand elle a terminé ses tiges, il n’est pas revenu, parce que pour lui, c’était déjà trop tard. De toute façon, elle ne le lui en a pas laissé le temps, elle avait déjà quitté la ville. « T'étais où ? » Bah, j'étais pas là. J'étais pas là parce qu'un gamin, quand ça fait une connerie, ça cherche à se faire oublier. Ça ne marche jamais cela dit, parce qu'il y pense jusqu'à ce qu'il se fasse attraper - ce qui finit toujours par arriver. « Crois-le ou non, tu m'as vraiment manqué. » Répond-il avec la même nonchalance qu'il fait preuve depuis le début de la soirée. Et il n'y a rien de plus sincère que dans ces paroles. Elle pourra en penser tout le contraire, mais elle ne peut pas retirer le fait que même s'il était parfois exécrable avec elle, un véritable vide s'était installé après son départ. Il n'a jamais été doué pour parler de sentiments. De vrais sentiments. C'est difficile pour lui de lui montrer qu'avec le recul, il a réalisé qu'on ne rencontre pas une Posie tous les jours alors forcément, même si sa nonchalance cache une partie plus sensible, Posie ne le sait sans doute pas. « T'es partie dès que t'en as eu l'occasion, tu m'as même pas laissé le temps de revenir. » Qu'il rétorque d'un ton plus dur. Il lui retourne la faute, parce que c'est plus facile, parce que même après toutes ses années, il est incapable d'assumer le fait d'avoir trahi une fille qui attendait tellement de lui, mais surtout parce que la faire culpabiliser, c'est le meilleur moyen pour la faire flancher. « T'as rien dit, t'as même pas essayé de revenir de toi-même, t'es juste partie. Je peux te retourner la question. T'étais où, Posie ? »
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MessageSujet: Re: one day this pain will make sense to you. (r)   Dim 4 Aoû - 13:18

« Crois-le ou non, tu m'as vraiment manqué. » En dépit de tous les efforts qu'elle rassemble pour lui tenir tête, pour ne pas retomber bêtement dans le piège, cette phrase retient son attention, le ton sur laquelle elle est dite, plus particulièrement. Ce ton n'est pas celui de Flynn le gamin, ce ton n'est pas celui de Flynn le garçon qui te promets la lune et te berces d'illusions pour mieux t'exploser la gueule avec la réalité, ce ton semble sincère, vrai. Pour une fois il n'a pas l'air d'être en train de jouer. Alors Posie s'en veux. Cette boule au fond d'elle qui la dévore doucement lui fait bien comprendre qu'elle a peut être eu tort de lui balancer toutes ces choses quelques secondes plus tôt. Parce que peut être qu'elle n'avait pas affaire à Flynn le joueur. Mais Posie ne sait pas, ça fait bien longtemps qu'elle ne sait plus où donner de la tête, c'est encore lui qui tire les rennes et elle qui suit, ça a toujours été comme ça. Posie ne répond pas, le laisse poursuivre sa plaidoirie. « T'es partie dès que t'en as eu l'occasion, tu m'as même pas laissé le temps de revenir. » Soudain le ton de sa voix est plus dur, plus brutal. Il la tient par les tripes. Et si c'était vrai ? Et si c'était de sa faute ? Et si elle l'avait repoussé sans même s'en rendre compte ? Elle entre-ouvre la bouche comme pour commencer à lui répondre quelque chose, n'importe quoi, mais vite, pour qu'il ne voit pas qu'elle est complètement désarmée face à ce qu'il lui dit, mais rien ne sort. Mais que voulait-il qu'elle fasse ? Qu'elle reste dans cette ville malgré tout ça ? Que pensait-il ? Posie n'a jamais eu les épaules suffisamment lourdes pour accepter ce regard dur que certains passants avaient sur son compte, elle n'a jamais été assez forte, alors elle s'enfuie dans le but d'échapper à son passé, de l'oublier. Alors elle aimerait lui dire que s'il avait été là elle n'aurait pas eu besoin de s'enfuir, car ils auraient été deux, parce qu'elle l'aimait tellement qu'elle serait restée. Pour lui. Mais la vérité c'est qu'il n'a jamais plus été là. Il n'était plus qu'une légende urbaine. Elle ne savait plus rien de sa vie sauf ce qui se disait dans le coin à son sujet. Mais pas un appel, pas un SMS, pas e-mail, pas un mot, pas une attention, juste un vide qui, de jour en jour se creusait dans la poitrine de Posie, un vide avec lequel elle avait apprit à vivre. Les gens mentent quand ils vous disent qu'on ne s'habitue pas à certaines choses, la vérité c'est qu'on s'habitue à absolument tout, même au manque. Surtout au manque. « T'as rien dit, t'as même pas essayé de revenir de toi-même, t'es juste partie. Je peux te retourner la question. T'étais où, Posie ? » Flynn lâche ses mots comme des bombes, des bombes qui sautent au visage paumé de Posie. Elle n'avait jamais vu les choses sous cet angle, elle n'y avait jamais pensé, pour elle c'était bien simple, il l'avait abandonné, n'avait jamais cherché à reprendre contact et si ça lui faisait tant de mal que ça de ne plus l'avoir à ses côtés, il n'avait qu'à venir le lui dire, merde, c'était lui qui avait toujours de belles paroles dans ses manches qu'il utilisait comme des armes, pas elle. T'étais où, Posie ? ça résonne dans sa tête, en boucle, comme un vieux film. Flynn sait comment y faire avec les mots, il les retourne à sa guise et la fille naïve qui a trop aimé se prend les pieds dedans, comme toujours. T'étais où, Posie ? Elle se repasse le film de leurs vies, cinq ans auparavant. Parfois elle essaye d'imaginer ce qui se serait passé s'il n'y avait pas eu cette foutue soirée qui a tout foutu en l'air, absolument tout. A l'époque, si on lui avait dit comment son histoire avec Flynn tournerait et tout le mal qu'elle pourrait penser de lui par la suite, elle n'y aurait pas cru un instant, leur histoire était bien trop idyllique à ses yeux pour qu'elle puisse lui imaginer une tournure si tragique. Avec lui, elle se projetait loin, tellement loin dans l'avenir. Avec lui elle se foutait éperdument de devenir serveuse ou avocate, parce qu'il était là et que c'était tout ce qui comptait. Et puis du jour au lendemain, elle était toute seule. « On peut jouer à ce jeu-là encore longtemps pour décider à qui est la faute, tu crois pas ? » lui répond-elle doucement. Elle ne cherche pas à lui faire la morale, ce n'est pas son rôle et il n'en a plus l'âge, ce n'est plus ce gamin inconscient des mots qu'il lâche, c'est un adulte, un adulte qui est responsable des bombes qu'il lance. « Tu sais très bien qu'au moindre signe de ta part j'aurais rappliqué de suite. » poursuit-elle sur le ton le plus sincère et calme qu'elle connait. C'est vrai et il le savait bien, elle était éprise de lui et le serait quelque part toujours car il avait été son premier amour, il savait très bien qu'il aurait pu lui demander n'importe quoi qu'elle l'aurait fait. Il aurait suffit d'un seul putain de signe et elle aurait tout pardonné. Tout oublié. Seulement il n'y a rien eu. Elle aurait préféré qu'il lui dise qu'il ne l'avait jamais aimé, qu'il la déteste, n'importe quoi, tout, sauf le silence. Parce que le silence, ça vous fait vous imaginez tout et n'importe quoi, ça vous donne des ailes un instant pour vous les coupez la seconde qui suit, ça vous perd, et puis on sait tous que l'ignorance est la pire des réactions. Mais Posie n'a pas envie d'engueulades, elle n'a plus envie de lui envoyer sa main dans la figure, elle veut juste comprendre, c'est légitime n'est-ce-pas ? « Mais seulement y en a pas eu. Pense pas que j'ai pas voulu revenir, j'osais juste pas. J'avais trop peur que tu m'aies oublié, que tu t'en foutes, et puis je t'aurais dit quoi, moi ? » elle marque une pause, déviant rapidement son regard de celui de Flynn. Il est bien trop dur à confronter, ça lui fait bien trop de mal. Posie faiblit, elle essaye de ne pas trop en dire, parce qu'elle sait qu'elle finira par tout mettre sur son propre dos et elle ne pourra tenir qu'elle-même comme responsable. Elle continue son récit le regard plongé dans la direction opposé. « Je crois que t'as pas compris, je comprend que tu ne te sois pas dénoncé, je comprend même que t'ai prit la fuite.. » Elle expire, osant finalement ramener son regard vers Flynn pour le planter dans ses prunelles vertes. « Je comprend juste pas pourquoi t'es jamais revenu. » C'est simple, mais c'est ce qui la tourmente depuis bien trop longtemps, et plus le temps passe plus elle se rend compte à quel point elle a besoin de ces réponses. Et puis soudain, quelque part en elle, Posie trouve la force de poser cette question dont elle redoute tant la réponse. Cette question qu'elle s'est posée pendant cinq ans cherchant où elle avait pu faire une erreur pour que tout s'arrête ainsi. « Je comptais pas ? »
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MessageSujet: Re: one day this pain will make sense to you. (r)   Lun 5 Aoû - 13:42

Flynn a l'habitude des situations de crise. Avec toutes les conneries qu'il effectue chaque jour, il n'est pas rare pour lui de se retrouver face à un obstacle. Il lui est très souvent arrivé de rencontrer des anciennes petites-amies, des conquêtes, des filles qu'il a trompé, qu'il a volé, et de devoir s'expliquer. Très souvent, il parvient à retourner la situation en sa faveur. Il cherche une faille, et tire sur la corde, pour avoir le bon rôle, celui de la victime. Parfois, ça ne marche pas. Alors, elles ont toutes la même réaction. Elles sont d'abord tristes, elles sanglotent, elles ne réalisent pas. Et soudain, elles hurlent, elles crient, elles font un scandale, lui jettent leur verre en plein visage et pleurent sur leur malheur en mettant la faute aux hommes, qui sont tous les mêmes. Flynn commence à s'y faire alors il ne réagit même plus. Il garde son calme, sourit, demande si elles ont fini, et leur propose de ne plus jamais se revoir. Ça se termine comme ça et elles n'entendent plus jamais parler de lui. Quand ils se croisent, elles lui lancent un mauvais regard mais cela ne va pas plus loin. Et avec le temps, ça se calme, ça oublie. Ça continue à vivre. Mais à chaque fois, elles passent par le stade de la colère. Avec Posie, il se doute qu'elle risque fort de lui arracher les yeux avant la fin de la soirée. Sauf que Posie, ce n'est pas n'importe qui. Ce ne sera jamais une simple fille qu'il a mis dans son lit, une simple fille qu'il a rencontré au lycée et qu'on oublie d'un geste de la main. Posie, elle a ce truc qui fait que même s'il déteste sa personnalité qui n'a aucun piquant, elle sera toujours tellement plus que les autres. Posie, elle a ce truc qui fait que même s'il n'a jamais su l'aimer comme elle l'a fait, elle fera toujours partie de sa vie. Avec elle, ce sera toujours différent. Avec elle, il est tellement plus tendu qu'avec les autres, parce qu'il a besoin de savoir qu'elle sera toujours là pour lui. Elle le rattache à son passé, elle lui rappelle pourquoi il se tue à apprendre ses cours, à s'appliquer dans ses partiels. Mais pour l'instant, elle est calme, peut-être même un peu trop. Flynn l'identifie comme le stade où elle ne réalise pas encore. Il est encore le maitre du jeu, il peut encore rattraper le coup, trouver un truc qui le mettra en sa faveur. Cela dit, cela risque fort de changer et la deuxième étape sera plus difficile à gérer. « On peut jouer à ce jeu-là encore longtemps pour décider à qui est la faute, tu crois pas ? » Flynn lâche un soupir mais ne répond rien. Ils le savent tous les deux, que c'est de sa faute, pas la peine d'en débattre trois ans. Personne n'est dupe, pas même elle. Il n'a juste pas envie de l'assumer, pas devant ses copains, pas dans cette salle blindée de clients. Certains doivent très certainement les écouter. On a tous envie de savoir pourquoi la serveuse Posie est aussi tétanisée, aussi figée, parce qu'il se passe enfin quelque chose d'intéressant dans cette petite ville, parce que c'est fascinant de voir qu'une femme aussi belle et pure que Posie puisse avoir une vie aussi merdique que l'ivrogne accroché au comptoir qui tente d'oublier sa peine. Les gens sont comme ça, ils aiment entendre le malheur des autres, pour en parler ensuite entre eux, parce que c'est rassurant. « Tu sais très bien qu'au moindre signe de ta part j'aurais rappliqué de suite. » Il le sait. Il ne le sait que trop bien. C'est elle qui étais dingue de lui, c'était pas le contraire. C'était pas lui qui venait au moindre sms alarmant, c'était elle qui accourait quand il avait besoin de quelque chose. Lui, il rappliquait, quand il en avait envie, quand ça l'enchantait et puis c'est tout. Posie semble sincère, elle semble si sincère, que c'est comme un coup de massue pour Flynn. Merde alors, c'est quand même con d'avoir laissé passer une fille si attachée. C'est quand même con de réaliser son erreur cinq ans après. C'est quand même con d'avoir pensé qu'à sa gueule, parce qu'à côté, il se retrouve avec toutes les filles qu'il veut, mais il ne trouvera jamais quelqu'un comme elle, quelqu'un de cultivé, intéressé, passionné, ouvert, tendre, et aimant. Une Posie. « Mais seulement y en a pas eu. Pense pas que j'ai pas voulu revenir, j'osais juste pas. J'avais trop peur que tu m'aies oublié, que tu t'en foutes, et puis je t'aurais dit quoi, moi ? » Il ne la quitte pas des yeux, tandis qu'elle semble se détourner de lui, pour observer on ne sait quoi. Flynn déglutit, parce qu'il réalise qu'il perd la partie, qu'elle s'avance dans un terrain miné, et qu'elle prend de l'avance. Elle s'avance dans la partie la plus difficile, plus difficile encore que la colère. Elle se tourne vers les sentiments, elle se tourne vers ce truc que Flynn ne pourra expliquer, ce truc qui le rendra totalement démuni. Alors, il cherche à changer de sujet, à le dévier vers quelque chose de plus léger. « T'aurais pu dire, salut, ça fait longtemps. Ça va ? » Il reprend les mêmes mots qu'ils ont échangé au tout début de leur conversation, comme un clin d’œil, mais ça ne marche pas. Ça ne marche pas du tout malgré le sourire malicieux de Flynn. « Je crois que t'as pas compris, je comprend que tu ne te sois pas dénoncé, je comprend même que t'ai prit la fuite.. Je comprend juste pas pourquoi t'es jamais revenu. Je comptais pas ? » C'est une vraie catastrophe, parce qu'elle lui pose la seule question à laquelle il ne voulait jamais répondre. La question qui percute directement dans le sujet tabou. Alors forcément, ça agace Flynn, ça l'énerve même, parce que bon sang, fallait pas être devin pour comprendre qu'à l'époque, il se foutait complètement de sa pomme, qu'il pensait qu'à lui et à lui seul, qu'elle était qu'une distraction, qu'une friandise de plus. Fallait pas être devin, elle doit le savoir, mais elle fait comme si elle l'ignorait, elle le fait exprès, pour qu'il le dise, qu'elle l'entende de sa propre bouche. Merde, elle n'a pas le droit de lui poser une question comme ça, parce que c'est une question piège. Il n'a pas envie de lui dire qu'elle ne comptait pas, parce que ce serait tiré définitivement un trait sur leur histoire, ce serait la voir partir et il n'en a pas envie. C'est sa Posie, c'est la sienne, ce sera toujours la sienne. C'est égoïste, c'est même totalement malsain, mais il s'en fout, parce qu'il est encore perdu dans cette époque où elle était encore amoureuse, quand il pouvait lui raconter tout ce qu'il voulait et qu'elle y croyait. Le temps passe et il n'a toujours pas répondu à cette question. Il hésite, passe une main dans ses cheveux et finalement, se lance. Au point où il en est, mentir ne sert plus à rien. « Pas assez. » Le couperet tombe, il observe le moindre de ses faits et gestes, parce que c'est autant difficile à dire pour lui qu'à réaliser pour elle. « Qu'est ce que tu veux que je te dise, Posie ? Tu le sais autant que moi que je t'aimais pas assez. T'étais une fille parmi tant d'autres, t'étais juste là au mauvais moment, au mauvais endroit. » Le ton qu'il emploie est nettement plus fort, plus dur, c'est comme s'il s'en voulait de lui dire ces choses-là. Et en retour, elle l'aimait beaucoup trop. C'était trop inégal pour que ça puisse durer si longtemps. Au bout du compte, ça aurait quand même fini par exploser. Elle aurait fini par comprendre qu'il n'était pas pour elle, qu'il ne l'estimait pas assez, qu'il ne se comportait pas assez bien pour une fille comme elle. « Je pouvais pas revenir, j'avais aucune raison de le faire. Pourquoi je serai revenu, hein ? Je me suis dit que c'était parfait pour te laisser partir. Tu m'en voudrais à mort, tu me détesterais tellement fort, ce serait tellement facile pour nous de s'oublier comme ça. Tourner la page et tout recommencer. » Ils n'étaient pas censés se retrouver. Ils étaient censés chacun continuer leur vie, sans penser à l'autre, effacer leur passé d'un coup de baguette magique. « Ça veut pas dire que je t'aimais pas. Je t'aimais vraiment bien. Je t'appréciais. Je t'apprécierai toujours. » Souffle-t-il du bout des lèvres. On doit presque lui arracher les mots de la bouche mais on pourra difficilement faire plus sincère que lui à cet instant.
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MessageSujet: Re: one day this pain will make sense to you. (r)   Mar 6 Aoû - 1:55

L'attente. L'attente c'est pas attendre trois ans que le garçon qui vous plaît vous remarque, l'attente c'est pas attendre que votre mère vienne vous cherchez à la sortie des cours, l'attente c'est pas ça. L'attente c'est ce moment quand, du jour au lendemain, de par une seule et unique remarque, tout votre passé est remit en compte. Vos décisions, celles des autres, absolument tout. L'attente ça vous serre le coeur, ça vous obsède. L'attente ça n'est pas forcément dix ans, ni même six mois, l'attente ne se résume parfois qu'à quelques minces secondes, quelques secondes destructrices qui ont le pouvoir de tout bousculer. Alors, êtes vous prêts ? Êtes vous prêts pour affronter la vérité ? Ce sont ce genre de questions que Posie aurait probablement dû se poser avant de demander si elle comptait. Parce que, même si quelque part elle se doute qu'elle rentrera chez elle ce soir avec une plaie vieille de cinq ans à nouveau ouverte, elle garde espoir. L'espoir il n'en suffit que d'une fine lumière pour que ça vous rende dingue, Posie sait ce que c'est, ça fait cinq ans qu'elle espère, même si jamais elle ne pourra se regarder dans le miroir en se le répétant. Jamais. Posie ne sait pas si elle est prête pour cette vérité qu'elle attend pourtant depuis ce qui le semble désormais être une éternité. Au fond d'elle, il y a cette petite voix qui lui hurle de s'en aller, de courir, de déguerpir aussi loin qu'elle le peut parce qu'elle n'a pas envie d'entendre la suite. Mais elle est incapable de ne faire ne serais-ce qu'un mouvement, ses pieds sont ancrés au sol, et son regard cloué à celui de Flynn. Alors elle reste debout, droite, priant simplement pour ne pas avoir à déglutir lorsqu'il lui aura répondu. Ces secondes d'attente, elle les vit comme des semaines entières, des mois, des années. « Pas assez. » Son cœur manque un battement, mais elle reste là, la silhouette toujours ancrée au sol, elle semble ailleurs, perdue dans ses songes, prisonnière d'une toute autre réalité. Elle semble glacée, alors que tout en elle bouillonne. Elle sent tout en elle brûler. Pas assez. Alors finalement, c'est ça. C'est à la fois trop vague et trop précis pour Posie. Trop vague parce que ça ne lui dit pas si une infime partie de lui tenait à elle, et trop précis parce qu'il ne fait que confirmer ses doutes, ses plus grandes craintes. Et au fur à mesure qu'elle réalise à quel point elle n'était pas préparée pour la vérité, son visage se décompose petit à petit. Elle passe une main fébrile dans sur son visage pour replacer une mèche rebelle venue se loger devant ses yeux, essuyant discrètement au passage une larme solitaire ayant réussi à s'échapper de ses yeux. « Qu'est ce que tu veux que je te dise, Posie ? Tu le sais autant que moi que je t'aimais pas assez. T'étais une fille parmi tant d'autres, t'étais juste là au mauvais moment, au mauvais endroit. » Qu'est ce que tu veux que je te dise, Posie ? Elle réfléchit, elle aimerait qu'il lui dise que c'est une vanne, une vanne pourrie, qu'il voulait juste la faire flipper, qu'il ne s'est jamais foutu de sa gueule, que cinq ans ne sont pas passés, qu'ils sont toujours des adolescents inconscients et que jamais ils ne joueront cette scène. Mais c'est vrai, c'est vrai qu'au fond d'elle, Posie avait toujours su que dans cette histoire il n'y avait jamais eu qu'elle qui s'était impliquée, mais aveuglée par ce sentiment d'amour qu'elle découvrait tout juste, l'adolescente avait catégoriquement refusé d'y croire un mot. Il l'aimait, elle avait réussi à s'en persuader un bref instant, et puis il avait à son tour entretenu cette supposition quand il lui parlait d'avenir, quand il lui prenait le visage entre les mains pour lui dire que ça serait pour toujours, et quand elle buvait ses paroles comme une parfaite idiote. « Je pouvais pas revenir, j'avais aucune raison de le faire. Pourquoi je serai revenu, hein ? Je me suis dit que c'était parfait pour te laisser partir. Tu m'en voudrais à mort, tu me détesterais tellement fort, ce serait tellement facile pour nous de s'oublier comme ça. Tourner la page et tout recommencer. » Alors c'était donc ça, plutôt que de choisir la tristesse de tout perdre, il a préféré la douleur de tout briser. Posie sent son cœur se serrer un peu plus à chaque mot qu'il lâche, prévenant probablement une nouvelle bombe prête à la faire défaillir. Tourner la page et tout recommencer, il était marrant, même après cinq ans elle avait eu du mal à complètement tourner la page parce qu'une part d'elle-même se faisait du soucis pour lui, y était toujours attachée, et ce en dépit de tous les efforts qu'elle réunissait pour les oublier, lui et cette fichue nuit.  Je pouvais pas revenir, j'avais aucune raison de le faire. L'étau se resserre autour de la gorge de Posie, elle a l'impression de suffoquer, de manquer d'air, comme si chaque mot que laissait tomber Flynn lui volait un peu de son oxygène. Préférait-elle se perdre dans l'illusion d'avoir vécu quelque chose de formidable, ou préférait-elle découvrir qu'elle n'avait fait que se voiler la face ? Posie ne saurait le dire. L'incertitude est la pire de toutes les souffrances jusqu'au moment où la réalité vient vous faire regretter l'incertitude. Et si ça vous brise le cœur, c'est que vous faites partis des chanceux, de ces chanceux qui ont aimé, de ces chanceux qui se sont perdus en route, qui ont trop aimé ou pas assez, si vous avez le cœur brisé, c'est une chance, ça veut dire que vous avez vécu quelque chose d'assez fort pour que ça ait le pouvoir de vous réduire en pièces. Posie fronce les sourcils, attendant silencieusement la suite. « Ça veut pas dire que je t'aimais pas. Je t'aimais vraiment bien. Je t'appréciais. Je t'apprécierai toujours. » Il lâche ses mots comme des couteaux aiguisés qui se dirigent droit au cœur de Posie. Ça lui fait mal, mal parce qu'elle pensait que la vérité la libérerait, la délivrerait de son attachement pour Flynn, de tout ce qu'elle avait pu ressentir pour lui, de toute cette peine, de cette haine. Mais rien ne semblait partir, tout semblait simplement fusionner, et Posie était perdue dans ses sentiments, c'est comme si elle avait envie de le pousser d'une falaise pour le retenir de tomber l'instant d'après. Je t'apprécierai toujours. Toujours ? Son subconscient avait retenu cette phrase en particulier et l'analysait, toujours ? Il disait ça comme s'ils étaient liés, comme s'ils se reverraient tous les jours, ou disait-il ça pour dire que même s'ils se revoyaient dans vingt ans, il l'apprécierait toujours ? Elle avait envie de prendre ses jambes à son cou, comme elle n'avait pas su le faire cinq ans plus tôt, mais elle n'avait pas le droit de le planter ici alors qu'il jouait cartes sur table et que pour la toute première fois, elle avait des réponses. « T'étais... » elle s'interrompt, prenant conscience du monde autour d'elle, des amis de Flynn qui tendent l'oreille, de ces quelques clients retournés qui guettent ce qu'il se passe. Elle manque de vaciller, se sentant observée de la même manière qui l'a poussé à fuir la ville dans laquelle elle avait grandit. Elle tourne la tête et automatiquement, les gens qui les observaient font mine de reprendre leurs conversations, puis elle revient face à Flynn. « On peut parler en privé ? » souffle-t-elle doucement, comme si elle avait peur qu'on entende ce qu'elle dit. Elle n'attend pas de réponse et lui fait simplement un signe de tête pour qu'il la suive. Posie se surprend à parvenir à avancer correctement, elle tente au mieux d'ignorer ces têtes qui les suivent du regard, mais elle a toujours très mal réagit au regard des autres, se sentant toujours coupable du pire des crimes. Elle s'arrête rapidement pour regarder au niveau de l'entrée du bar mais il y a bien trop de monde qui décuve ou qui est posé dehors pour fumer, alors elle passe la première porte de service s'assurant qu'il la suit toujours et l'emmène dans la réserve du bar. La pièce n'est pas bien grande et l'éclairage est vraiment pourri, ce n'est franchement pas l'endroit le plus agréable pour avoir une conversation un peu difficile, ça sent la bière à plein nez, mais au moins il n'y a pas ces visages qui les scrutent curieusement. Elle vérifie d'un coup d’œil qu'il a bien fermé la porte et inspire profondément. Et comme une bombe à retardement, Posie explose. « Tu veux que je te dises pourquoi t'aurais dû revenir ? Pour me dire toutes ces choses que tu me dis là. Tu crois que ça a marché, la façon dont laquelle tu pensais me laisser partir ? Parce que ça n'a rien fait d'autre que me bouffer l'existence, il n'y a pas un seul putain de jour où je me suis pas demandée pourquoi t'étais parti. Mais toi t'as rien dit, t'es qu'un putain d'égoïste Flynn, t'as pas le droit de jouer comme ça avec les gens. » Elle pourrait continuer des heures, mais sa voix se brise. Ses yeux s'humidifient à nouveau, mais elle ne cherche plus à arrêter quoi que ce soit, il peut penser qu'il a gagné si ça lui fait plaisir, ça fait bien longtemps que Posie ne compte plus dans cette compétition, elle est pas à la hauteur, elle est pas comme lui, elle peut pas tout garder pour elle éternellement, elle peut pas regarder quelqu'un dans les yeux et lui dire qu'elle l'aime quand elle en pense l'opposé, c'est au-dessus de ses forces. Posie n'est pas capable de rester avec quelqu'un qu'elle n'apprécie qu'à moitié, elle est cette fille-là, celle qui peut cracher à la gueule de quelqu'un tout en sachant aimer démesurément. Elle savait qu'elle faisait tout ce qu'il voulait, il parvenait à l'atteindre, à voir briller des putains de larmes dans ses yeux, puis elle criait, elle faisait une crise alors qu'elle aurait dû s'avancer vers lui lentement, elle aurait dû lui caresser doucement les cheveux, lui démontrer par a + b l'être minable qu'il est et s'en aller, sans ajouter un mot. « Comment t'oses dire que tu m'apprécies ? T'es sûr de saisir le sens des mots que t'emploies ? On fait pas ça aux gens qu'on apprécie... » Souffle-t-elle lentement. Mais l'être à qui elle en voulait le plus à cet instant précis n'était autre qu'elle-même, incapable de le détester totalement après qu'il lui ai balancé la vérité dans la gueule.
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MessageSujet: Re: one day this pain will make sense to you. (r)   Mar 6 Aoû - 12:37

« T'étais... » Commence-t-elle avant de s'interrompre pour se retourner, comme si elle avait soudainement peur d'être entendue. Flynn fronce des sourcils et se redresse, ne comprenant pas réellement le pourquoi de ce soudain mutisme. Après tout, ils ont commencé devant tous ces gens, ils peuvent bien terminer le spectacle avec eux. Maintenant qu'il avait fini par tout avouer, il n'y avait plus rien à cacher. Tout le monde savait à présent qu'elle était la victime du bourreau des cœurs, du salopard qui n'avait pas su l'aimer. Tout le monde savait que la gentille et droite Posie avait vécu le cauchemar à cause d'un abruti qui se prenait pour le maitre du monde. Alors après tout, cela ne sert plus à rien de se cacher. Soyons donc tous honnêtes en cette sale soirée. Flynn l'a fait, à leur tour de se dire les quatre vérités. Peut-être même que c'est le moment pour lui d'avouer à Sacha qu'il ne le supporte que parce qu'il le fait rire, mais s'il le pouvait, il le lâcherait dès que l'occasion s'y présenterait. Peut-être même que c'est le moment pour Ryan, assis à sa gauche, de dire à Mischa, à sa droite, qu'il a couché avec sa cousine et qu'ils sont même ensemble depuis trois mois. Ne soyons plus timides, maintenant que le plus dur a été fait. « On peut parler en privé ? » Mais non, Posie en décide autrement. Elle réalise que toutes les têtes sont tournées vers eux et qu'elle n'a aucune envie d'entendre ses clients la plaindre dès demain. Mais pour Flynn, c'est pareil. C'est trop tard, il a déjà tout avoué, il n'a plus à se cacher. C'était déjà tellement dur de lui arracher les mots qu'il a prononcé plus tôt qu'à présent, tout lui semble si facile. Parce que oui, c'est plus simple de jouer les loveurs, de tenter de la convaincre que les choses ont changé, qu'il a réfléchi, qu'il n'aurait pas dû l'abandonner, parce que ça le rend plus sensible auprès des autres, ça le rend plus romantique. Ca rend la situation et leur histoire plus tragique et c'est beau, c'est beau comme Roméo et Juliette. Les gens adorent entendre ce genre de choses, ça fait pleurer dans les chaumières et ça rend heureux ceux qui pensent vivre le calvaire avec leur copine. Et de toute façon, il s'en fout, il ne connait personne ici, à part sa petite bande mais eux, ils ne répéteront rien, parce qu'il connait leurs secrets et qu'au moindre faux pas, il n'aura aucune pitié. C'est ça, la confiance, entre amis. Elle ne lui laisse néanmoins pas le temps de répondre qu'elle se dirige déjà plus loin. Alors, après un dernier regard vers les garçons, il se lève enfin et suit ses pas. Il sait qu'on les observe, qu'on les regarde quitter la pièce et le bar ne lui a jamais semblé aussi calme qu'à cet instant. Lui qui a toujours eu un singulier besoin d'attention, il est servi. Pourtant, ça le rend quand même un peu nerveux, peu habitué à tant de regards. Il tente néanmoins de garder une certaine insolence, indifférence, pour ne rien montrer, comme il l'a toujours fait. Les mains dans les poches, le regard fier, il termine la marche jusqu'à la réserve du bar et referme la porte derrière lui. « C'est plutôt sympa ici... » Constate-t-il, légèrement intrigué par cette salle assez lugubre. Pour discuter, elle aurait quand même pu faire des efforts et trouver quelque chose d'un peu plus classieux. Lui, à leur premier rendez-vous, il avait quand même fait attention aux détails. Mais soit.  « Tu veux que je te dises pourquoi t'aurais dû revenir ? Pour me dire toutes ces choses que tu me dis là. Tu crois que ça a marché, la façon dont laquelle tu pensais me laisser partir ? Parce que ça n'a rien fait d'autre que me bouffer l'existence, il n'y a pas un seul putain de jour où je me suis pas demandée pourquoi t'étais parti. Mais toi t'as rien dit, t'es qu'un putain d'égoïste Flynn, t'as pas le droit de jouer comme ça avec les gens. » C'est ça, quand on est amoureuse. Ça se contrôle pas, on aura beau tout faire pour éteindre cette fichue flamme, ça voudra pas dire qu'elle s'éteindra. Alors, on attend, on espère que ça ira mieux le lendemain, mais c'est pire encore que la veille. Flynn, lui, il en avait pas conscience, parce qu'il n'était pas amoureux. C'était sa copine, certes, mais il ne la considérait pas plus qu'une amie. Et encore, à cette époque, il avait encore beaucoup de mal à dissocier l'amour à l'amitié, l'amitié à l'indifférence, l'indifférence à l'amour. Il s'en foutait de tout ça, c'était un gamin, merde. Non, pour lui, tout était pareil, et tant qu'il s'amusait, tout allait bien dans le meilleur des mondes. « Comment t'oses dire que tu m'apprécies ? T'es sûr de saisir le sens des mots que t'emploies ? On fait pas ça aux gens qu'on apprécie... » Elle a les yeux rouges, elle va se mettre à pleurer d'une minute à l'autre, alors Flynn s'autorise un mouvement vers elle. Elle peut bien penser que c'est une nouvelle fois un coup monté, mais c'en est pas un. Rien n'est calculé cette fois-ci, et il aurait réagi de la même manière avec n'importe quelle fille au bord des larmes. Ses doigts glissent sur sa joue, dans une délicate caresse, effaçant au passage quelques larmes. « Posie... pleure pas, j't'en prie. Pleure pas pour moi. » Pleure pas pour un connard comme moi. Pleure pas, tu gâches tes larmes pour quelqu'un qui n'en vaut pas la peine. Il lâche un soupir, tandis qu'il remet une mèche brune derrière son oreille. Il n'avait pas conscience du mal qu'il lui faisait, parce que pour lui, c'était normal, tout ça. C'était drôle, et puis c'est tout. Personne ne lui avait jamais affirmé le contraire. Alors forcément, Flynn fait ce qu'il veut, parce qu'il s'en fout, de toutes ses convenances. C'est maintenant, qu'il réalise qu'il a gagné. Encore. Que d'une minute à l'autre, elle reviendra vers lui. Ou presque. « T'aurais vraiment voulu que j'revienne ? Mais qu'est ce que je t'aurai dit ? J'aurais jamais pu revenir pour te cracher ça. J'aurai jamais pu supporter ton regard ou tes larmes. C'était au-dessus de mes forces. » Et c'était surtout un acte trop courageux pour un lâche comme lui. Et puis, franchement, pourquoi prendre la peine de lui expliquer la situation alors qu'il n'avait plus à se la coltiner toute la journée ? Elle semblait tellement loin, que pour lui, c'était juste la situation idéale. Il la connaissait assez pour savoir qu'en plus, elle ne serait pas revenue d'elle-même, qu'elle l'aurait attendu. Elle n'aurait jamais pris la peine de lui demander des explications. L'occasion avait été trop belle. « Alors oui, peut-être bien que j'suis qu'un putain d’égoïste. Peut-être bien que j'ai pensé qu'à ma gueule. Mais j'en avais pas conscience. J'avais pas non plus conscience que je tenais à toi. Et après, c'était trop tard. Je serai revenu y'a trois ans, la situation aurait été la même. » Sauf que la vérité, c'est que lorsqu'elle a disparu après l'année difficile qu'elle avait passé, Flynn a juste tenté de l'oublier et d'avancer, en enfouissant au plus profond de son âme son souvenir. Il n'a pas cherché à la retrouver quand elle est partie, parce qu'elle lui a facilité la tâche, elle est partie d'elle-même. Alors oui, peut-être bien qu'aujourd'hui, il réalise que la perle rare s'éloigne du rivage, il réalise qu'il perd pied et qu'il aurait dû y réfléchir à deux fois avant de sauter sans elle, mais il y a encore deux mois, elle était toujours ce fantôme perdu loin, loin dans les méandres de ses pensées.
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MessageSujet: Re: one day this pain will make sense to you. (r)   Mer 7 Aoû - 2:26

Elle se sentait minable, minable de laisser ces quelques larmes couler en face de lui, elle n'avait pas envie qu'il la voit comme ça, elle aurait tellement aimé lui faire croire que tout allait bien pour elle, que ce vide béant qu'il avait laissé en partant n'était plus, qu'elle avait tout ce qu'elle désirait, elle aurait aimé être de marbre quand leurs regards se sont croisés tout-à-l'heure. Elle aurait aimé buter sur son visage et son prénom, froncer les sourcils pour accentuer le fait qu'ils ne lui évoquaient plus rien, elle aurait aimé ne pas rougir à la moindre remarque. Elle aurait aimé être intouchable, inaccessible. Mais elle n'était pas comme ça, c'était bien trop difficile pour elle de rester de marbre face à lui. Elle qui se pensait forte, elle avait réussi à tenir cinq ans sans avoir la moindre nouvelle et s'en sortait presque bien ! Mais quand elle a croisé son regard au bar et qu'il a eu le pouvoir de lui briser le cœur, elle a su qu'elle ne l'était plus. La vérité c'est que pendant cinq ans, à la moindre évocation de son prénom elle avait l'impression qu'on lui marchait sur le cœur. Et puis il s'approche vers elle pour effleurer sa joue de ses doigts et attraper quelques une des larmes qui perlent sur ses joues. Alors elle se demande comment il ressent les choses, lui qui n'a jamais été doué pour dévoiler ce qu'il enfouit au fond de son être. Mais elle ne le demande pas. Son regard flanche sur le planché. « Posie... pleure pas, j't'en prie. Pleure pas pour moi. » Elle relève les yeux vers lui. Comme elle aimerait ne jamais l'avoir croisé aujourd'hui, elle serait dans sa voiture à cet instant précis, il ne serait pas là, ils ne se seraient pas vu, elle aurait continué son chemin en lui accordant toujours une pensée, mais rien de plus. Ils ne se reverraient que dans une vingtaines d'années, elle serait mariée, certainement plus serveuse, elle aurait aussi des enfants, elle aurait la panoplie parfaite de la femme qui a tout réussi et lui serait resté le cliché du gars qui a tout, mais qui n'est rien. Peut-être même serait-elle heureuse, mais qu'importe puisqu'ils semblent toujours jouer au jeu des apparences, de l'extérieur elle aurait réussi, et pas lui. Et elle aurait enfin gagné la guerre après avoir perdu tant de batailles. C'était ça, qu'elle aurait voulu. Mais à cet instant précis, elle n'est pas dans sa voiture, et elle a bel et bien vu Flynn aujourd'hui, c'est comme ça, peut-être était-ce une mise à l'épreuve qu'elle a joliment foiré, elle a accouru au lieu de fuir. « T'aurais vraiment voulu que j'revienne ? Mais qu'est ce que je t'aurai dit ? J'aurais jamais pu revenir pour te cracher ça. J'aurai jamais pu supporter ton regard ou tes larmes. C'était au-dessus de mes forces. » Et que pense-t-il en lui déballant la vérité aujourd'hui ? Que ça lui fait moins mal que s'il lui avait dit tout cela cinq ans auparavant ? La vérité c'est qu'il lui a volé ses années, parce qu'elle les a passées à penser beaucoup trop souvent à lui, et pas assez à elle. Posie se surprend à croire ses paroles, comme si le fait de la voir au bord des lames l'avait soudainement rendu complètement franc, elle en oubliait ce jeu auquel il voulait toujours gagner et y croyait. Naïve. Elle se mord la lèvre, détourne à nouveau le regard. « J'en sais rien... Mais j'me dis que si tu m'avais dit ça y a cinq ans je serais pas comme ça face à toi aujourd'hui. J'me serais détachée, j'aurais arrêté d'attendre des réponses.. J'sais pas.. » qu'elle lui dit dans un murmure, parce qu'elle a peur de le dire trop fort, peur que son cerveau se rende compte de ce qu'elle est en train de raconter, parce qu'elle raconte encore qu'elle tient à lui, et qu'il faut qu'elle arrête, qu'elle se reprenne en main, qu'elle lui foute une bonne gifle et qu'elle se casse. Mais non, elle reste plantée là, presque prête à boire toutes les conneries qu'il pourra lui raconter, t'es tellement naïve Posie. Mais elle pense ce qu'elle a dit, elle se dit que s'il lui avait dit juste après son arrestation ou un peu avant qu'il ne tenait pas à elle de la même manière qu'elle se l'était imaginée, elle se serait détachée de lui et si elle l'avait vu aujourd'hui ç'aurait été comme rencontrer un inconnu, parce qu'avec le temps, elle aurait assimilé le truc, il ne l'aimait pas, alors que là, ça venait de sortir. « Alors oui, peut-être bien que j'suis qu'un putain d’égoïste. Peut-être bien que j'ai pensé qu'à ma gueule. Mais j'en avais pas conscience. J'avais pas non plus conscience que je tenais à toi. Et après, c'était trop tard. Je serai revenu y'a trois ans, la situation aurait été la même. » C'était vrai, s'il était revenu trois ans plus tôt, rien n'aurait été différent à la situation qu'ils affrontaient en ce moment même, parce qu'elle aurait tout de même passé trois ans à se demander où il était parti, rien n'aurait changé. « Quelque part j'me dis que si t'étais revenu juste pour me dire ça, j'sais pas ça irai peut-être mieux. Ce serait plus simple, avec le temps j'aurais fini par te détester, et puis on serait devenu de parfaits étrangers, qui sait. » Et ça j'veux pas, qu'elle pense, j'veux pas passer devant toi et détourner le regard parce qu'on est plus rien l'un pour l'autre, j'veux pas non plus te cracher toute ma haine à la gueule parce que j'ai l'impression qu'au final c'est contre moi que ça se retourne, et puis j'm'en fiche, j'm'en fiche que ça soit difficile et que ça me fasse mal de te parler, mais si j'te dis au revoir, j'pourrais pas non plus, j'veux juste pas que tu disparaisses encore. « Ce serait tellement plus simple que maintenant, tu penses pas ? » demande-t-elle la voix tremblante. Elle est encore plus paumée qu'au début de leur conversation, parce que merde, il sait comment tourner les situations dans le sens qu'il veut, il sait se faire passer pour la victime, il sait la faire culpabiliser, il sait comment lui faire du mal, il sait comment la faire revenir la seconde d'après et puis il sait faire le type qui admet finalement ses erreurs, et elle sait à merveille faire la pauvre idiote prête à pardonner.
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MessageSujet: Re: one day this pain will make sense to you. (r)   Ven 16 Aoû - 13:20

C'est tellement facile avec Posie. Ça a toujours été facile avec elle. Et c'est peut-être bien ça le problème. Elle est naïve, fragile comme une enfant et ne voit rien de ce que peut être le véritable Flynn. Elle ne voit pas qu'il en profite toujours un peu plus, qu'il a cette facilité déconcertante à manier les mots, qu'il les tourne et retourne de sorte à gagner la bataille. C'est lui le capitaine du bateau et elle n'est qu'un moussaillon parmi tant d'autres. C'est lui le roi, et elle n'est qu'une servante parmi tant d'autres. Et c'est triste, parce que malgré les remords, malgré ses belles paroles, il sait qu'il va recommencer. Évidemment qu'avec le recul, il se sent un peu coupable (au moins). C'est bien à cause de lui qu'elle ravage son maquillage et pourtant, bien malgré lui, il réalise qu'il est bien plus rassuré que véritablement gêné. Parce qu'avec ses larmes, il a enfin la certitude qu'elle ne l'a jamais oublié, et qu'elle ne le fera sans doute jamais. Au fond d'elle, elle y croit encore alors forcément, elle n'a pas le courage de le jeter, pas alors que Flynn lui déclame ce qu'elle a toujours voulu entendre avec cette sincérité qui serait difficile à nier. Alors il profite, une énième fois, de sa seule faiblesse. Lui-même. « J'en sais rien... Mais j'me dis que si tu m'avais dit ça y a cinq ans je serais pas comme ça face à toi aujourd'hui. J'me serais détachée, j'aurais arrêté d'attendre des réponses.. J'sais pas.. » Qu'elle souffle vaguement, ses pensées à des kilomètres d'ici tandis qu'il fronce des sourcils. Mais c'est ça, justement ! Il ne veut pas qu'elle se détache, il ne l'a jamais voulu ! Quel intérêt de faire tout ce cinéma si c'est pour se retrouver face à une demoiselle totalement frigide ? Il n'a pas envie qu'elle l'oublie, qu'elle tourne la page, qu'elle recommence sa vie, avec quelqu'un d'autre, de plus beau, de plus intelligent, de plus gentil, de tellement mieux que ce con qu'il est. Il n'a pas envie de réaliser qu'elle vaut mieux que lui, de réaliser qu'après tout ce temps, il est resté bloqué sur cette seule petite idée qu'il avait le pouvoir sur elle alors que c'était faux. Non, ce n'est pas le but de sa manœuvre. Lui, il veut marquer les esprits jusqu'à la fin. Il veut qu'elle se souvienne encore de lui dans vingt ans, alors qu'elle sera mariée, aura deux gosses destinés à de grandes choses, et qu'ils seront installés dans une petite banlieue tranquille. Il veut la voir frisonner rien qu'en entendant son nom dans la bouche des autres. Il veut la voir défaillir rien qu'en pensant à son regard posé sur elle. A quoi bon la faire revenir si elle n'a qu'un vague souvenir de leur couple ? Aucun intérêt. Autant aller voir ailleurs, autant trouver quelqu'un d'autre. Et c'est aussi pour cette raison que Posie, ce sera toujours sa préférée. C'est son petit chaton, qu'on maltraite mais qui revient quand même, parce qu'il nous appartient et qu'à part nous, il n'a personne d'autre. Elle n'apprendra jamais ses leçons. Et pourtant, elle le sait, bon sang, que les apparences sont trompeuses, elle le sait qu'il ne faut pas lui confiance. Elle perd le nord, il gagne du terrain. Il enjambe bientôt son navire, elle devrait réagir vite si elle ne veut pas couler. « Quelque part j'me dis que si t'étais revenu juste pour me dire ça, j'sais pas ça irai peut-être mieux. Ce serait plus simple, avec le temps j'aurais fini par te détester, et puis on serait devenu de parfaits étrangers, qui sait. » Encore fallait-il qu'il y pense. Mais lui, franchement, il ne pense qu'à lui et tant qu'il peut encore se regarder dans le miroir, il se moque bien des autres. Elle n'était qu'un petit accident de parcours, rien de plus. Il n'a rien écopé, n'a jamais été dénoncé, a pu continuer sa petite vie tranquille, elle lui a juste facilité la tâche et puis c'est tout. Et si en plus, il a laissé sa trace dans sa mémoire, c'est qu'il a réussi sa mission à la perfection. « Ce serait tellement plus simple que maintenant, tu penses pas ? » Et pour toute réponse, il secoue négativement de la tête. Non, cela n'aurait pas été plus simple, pas pour lui en tout cas. Cela n'aurait pas été plus simple, parce qu'il se serait retrouvée face à son ex-petite-amie, qui n'aurait plus ressenti pour lui, qui lui aurait demandé sa commande, qui l'aurait apporté sans un mot de plus, comme s'ils ne s'étaient jamais connus, comme s'ils n'étaient que deux inconnus, alors qu'ils ne le seront jamais. Cela n'aurait pas été plus simple, parce qu'il aurait tenté d'engager la conversation, l'aurait complimenté, souri, mais elle serait restée de marbre, parce qu'elle aurait tourné la page, qu'elle aurait trouvé un petit-copain qui travaille dans les finances, qui est respectueux avec les vieilles dames et qui n'est même pas jaloux de ses anciens compagnons. Cela aurait été le cauchemar, parce qu'il aurait compris, qu'il n'est plus rien alors qu'elle était tout. Mais ça, il ne le lui dira pas, parce que c'est pas très joli, de penser ainsi. C'est même moche, et c'est pas romantique. Il risque de perdre des points et ce serait dommage, la victoire est si proche. « Ça aurait été pire... » Répond-il vaguement, avant de s'interrompre un instant. Il cherche ses mots, les bons, ceux qu'elle aimerait entendre, ceux du prince charmant dont elle est tombée amoureuse. Le faux pas n'est pas permis, pas à cet instant si grave. « On se serait retrouvés dans ce bar, nos regards se seraient croisés... et j'aurai réalisé qu'on n'a jamais existé. » Alors que c'est totalement faux, qu'on a existé, qu'on existe encore, qu'on existera toujours. Qu'on pourra dire tout ce qu'on veut, notre histoire ne se finira pas de cette manière. Parce que c'est le destin, c'est écrit. Tout est écrit. Ils étaient destinés à se retrouver, parce qu'ils s'attirent comme deux aimants, et qu'ensemble, ils forment un tout, une bombe à retardement. « Et ça, j'peux pas. J'peux pas, parce que c'est pas nous. » Nous, c'est beau, c'est chaud, c'est pas une simple amourette de vacances qu'on oublie à la fin de l'été, parce que ça s'oublie pas, tout ce qu'on a vécu. Nous deux, c'est une vraie histoire d'amour, comme dans les films, qui se terminent pas forcément bien, mais qui changent une vie. La tienne, en l’occurrence. « J'ai pas envie, qu'on s'oublie. » J'ai pas envie de te laisser à nouveau partir, pas alors que j'ai retrouvé mon petit chaton.
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